Erosion

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L’érosion regroupe l’ensemble des phénomènes naturels qui usent, déplacent ou font disparaître les matériaux constituant un relief. Sur les côtes exposées, comme à Chassiron au nord de l’île d’Oléron, ces processus sont particulièrement visibles. Les falaises calcaires y subissent trois types d’érosion qui se combinent et accélèrent leur recul.

L’érosion chimique
Le calcaire réagit à l’eau chargée en gaz carbonique. En s’infiltrant dans les fissures, cette eau dissout progressivement la roche : c’est la karstification. On peut en observer les effets près du phare, au niveau de l’escalier principal, où la pierre présente des cavités et des formes sculptées par cette altération lente.

L’érosion biologique
Les racines des plantes s’insinuent dans les fissures et les élargissent. Certains animaux lithophages creusent la roche. Enfin, le piétinement humain fragilise le sommet des falaises. L’ensemble de ces actions biologiques contribue à une dégradation progressive et irréversible du relief.

L’érosion mécanique
C’est le phénomène le plus spectaculaire à Chassiron. Les vagues, souvent puissantes, frappent la base de la falaise en projetant des galets. Cette action répétée agit comme un véritable marteau naturel, arrachant des blocs de calcaire et provoquant des effondrements réguliers. Cependant, bien que chaque éboulement est impressionnant, il n'en demeure pas moins limité.



Le rôle de la pesanteur
À ces phénomènes actifs s’ajoute un facteur passif mais déterminant : la pesanteur. Lorsque la base de la falaise est érodée par les vagues, elle n’assure plus correctement le soutien des couches supérieures. Le poids des matériaux entraîne alors des chutes de blocs ou des glissements, accélérant encore le recul de la falaise.




Suivi
Le suivi de l’évolution du trait de côte à Chassiron repose sur une méthode moderne et précise combinant relevés de terrain et modélisation 3D. Cette approche permet de mesurer avec fiabilité le recul des falaises calcaires et d’observer les changements d’une année sur l’autre.

Acquisition des données par drone
Un drone équipé d’un appareil photo haute résolution survole la zone d’étude selon un plan de vol prédéfini.
Il capture des centaines d’images aériennes qui se recouvrent partiellement.
Ce recouvrement est essentiel : il permet ensuite de reconstruire en 3D la falaise, le plateau et le pied de la côte.
Le drone offre une vision globale, régulière et reproductible du site, même dans les zones difficiles d’accès.

Mesures de précision au sol avec un récepteur GNSS
Pour garantir la fiabilité des modèles 3D, des points de contrôle au sol (GCP – Ground Control Points) sont mesurés à l’aide d’un récepteur GNSS centimétrique.
Ces points servent de repères fixes et précis dans l’espace.
Ils permettent d’ancrer le modèle 3D dans un système de coordonnées réel et d’améliorer considérablement la précision du trait de côte obtenu.


Traitement des données
Les images du drone et les points GNSS sont ensuite intégrés dans un logiciel spécialisé.
Ce logiciel réalise plusieurs étapes :
- Alignement des photos : il identifie automatiquement les points communs entre les images.
- Génération d’un nuage de points 3D : la falaise et son environnement sont reconstruits en trois dimensions.
- Création d’un modèle numérique d'élévation (MNE) et d’une orthophoto très précise.
- Extraction du trait de côte : en analysant la limite entre le plateau, la rupture de pente et le pied de falaise, on peut tracer avec précision la position du trait de côte à la date du relevé.

Suivi de l’évolution du littoral
En répétant cette méthode régulièrement, il devient possible de comparer les modèles 3D dans le temps.
On peut ainsi mesurer le recul de la falaise, identifier les zones les plus fragiles et mieux comprendre les mécanismes d’érosion à l’œuvre à Chassiron.



Qu'en est t'il à la pointe de Chassiron ?
Afin de quantifier l’évolution de la falaise et de mettre en place un suivi rigoureux, l’association Dinoléron a réalisé trois relevés topographiques en 2017, 2020 et 2022.
Les données recueillies montrent un recul constant sur une grande partie du secteur, de l’ordre de 20 cm par an. Les zones protégées par des ouvrages restent stables, tandis que les portions de falaise moins exposées à la houle reculent plus lentement, entre 5 et 10 cm par an.
Le secteur le plus touché est l’extrême pointe, directement exposée aux vagues, où le recul atteint environ 30 cm par an.
Nous avons matérialisé sur la photo aérienne ci-dessous l'évolution de la falaise entre 1959 et 2020 qui conforte les relevés récents.

Carte interactive du suivi du trait de cote de 1959 et 2020


Protection

types de protections (directes et indirectes), falaise vive et morte

Les deux types de profils de falaise de la pointe de Chassiron. © ABIT Dominique


Bla bla érosion :

1/ historique (archive phare)

2/ processus d'érosion (géol)

3/ intervention Eric ?

4/ process suis trait cote (GNSS, drone, image de métashape,...)

À propos