Histoire de la sismologie
La sismologie, science qui étudie les tremblements de terre et la propagation des ondes dans la Terre, est relativement récente à l’échelle de l’histoire des sciences, mais ses racines plongent loin dans le passé.
Des observations anciennes aux premiers instruments
- Dès l’Antiquité, les civilisations chinoises, grecques et arabes décrivent les séismes et tentent d’en comprendre l’origine.
- En 132 après J.-C., l’inventeur chinois Zhang Heng conçoit le premier sismoscope connu : un vase en bronze capable de détecter la direction d’un séisme grâce à un ingénieux système de leviers internes.
La naissance de la sismologie moderne
- Au XIXᵉ siècle, l’essor de la mécanique et de l’instrumentation permet la création des premiers sismographes capables d’enregistrer les mouvements du sol.
- Après le séisme de Lisbonne en 1755, les savants européens commencent à étudier les séismes de manière systématique, ouvrant la voie à une approche scientifique.
- À la fin du XIXᵉ siècle, les travaux de John Milne, Thomas Gray et James Ewing au Japon aboutissent à des instruments suffisamment sensibles pour enregistrer des ondes sismiques à grande distance.
Le XXᵉ siècle : réseaux mondiaux et compréhension de la Terre
- L’analyse des ondes P et S permet de découvrir la structure interne de la Terre : noyau liquide, manteau, discontinuités.
- Après 1960, la mise en place de réseaux internationaux de surveillance — notamment dans le cadre du Traité d’interdiction des essais nucléaires — améliore considérablement la précision des mesures.
- L’arrivée du numérique dans les années 1980–1990 révolutionne la discipline : données en continu, transmission en temps réel, modélisation 3D.
Aujourd’hui, la sismologie est une science globale, essentielle pour la compréhension de la dynamique terrestre, la prévention des risques naturels et la surveillance géophysique.
L’installation de la station sismique de Chassiron (Île d’Oléron)
Au large de la côte charentaise, la pointe de Chassiron constitue un site stratégique pour l’observation géophysique. Située à proximité immédiate du phare, la station sismique de Chassiron joue un rôle important dans la surveillance régionale et nationale. Pourquoi Chassiron ? Plusieurs raisons expliquent le choix de ce site :
- Un socle géologique stable : la pointe nord de l’île repose sur des calcaires compacts, idéaux pour installer un capteur sensible.
- Un éloignement relatif des vibrations humaines : malgré la fréquentation touristique, la zone reste moins perturbée que les centres urbains.
- Une position géographique stratégique : en bordure de l’Atlantique, la station complète le maillage des capteurs du Réseau National de Surveillance Sismique (RéNaSS) et du réseau du CEA.
Le nom de la station de Chassiron est FR.SDOF. Ci dessous son enregistrement d'un séisme de magnitude 7.3 survenu en Chine le 21 mai 2021.


La station de Chassiron enregistre :
- les séismes locaux du golfe de Gascogne,
- les séismes régionaux (Pyrénées, Bretagne, Massif central),
- les grands séismes mondiaux, dont les ondes traversent la planète.
Vendredi 16 juin 2023, la terre à tremblé en Charente Maritime. Les données enregistrées par la station de Chassiron ont participé à l'analyse de ces secousses. En effet, cette station fait partie d'un réseau permettant d'analyser les tremblements de terre du monde entier et d'en déduire la localisation et l'intensité en regroupant les données de chacune. La 1ere onde est dite onde P, c'est une onde de compression rapide qui provoque le grondement sourd. La 2nd onde est dite onde S, c'est une onde de cisaillement qui fait onduler le sol. Sur le sismogramme de la station de Chassiron, l'onde P est arrivée à 18h38'39.7" et l'onde S à 18h38'46.5" (heure locale). Ce séisme de magnitude 5 avait fait de nombreux dégâts sur la commune de La Laigne en Charente-Maritime

Elle participe ainsi à :
- l’amélioration des cartes d’aléa sismique,
- la compréhension de la tectonique de la marge atlantique,
- la détection rapide des événements sismiques en France.
Le séisme d’Oléron de 1972 : une nuit où la terre a grondé
Le 7 septembre 1972, à 22 h 26, les habitants de l’île d’Oléron ont vécu l’un des épisodes sismiques les plus marquants de l’histoire récente du littoral atlantique. En quelques secondes, une secousse d’une magnitude estimée à 5,7 a fait vibrer maisons, rues et esprits, rappelant que même les régions réputées calmes peuvent être rattrapées par les forces profondes de la Terre.
La secousse, brève mais intense, a été ressentie dans toute la Charente-Maritime. À Saint-Pierre, Saint-Georges, Dolus ou La Brée, les habitants ont vu leurs murs trembler, leurs vitres vibrer et parfois leurs cheminées s’effondrer. Les témoignages de l’époque évoquent un grondement sourd, suivi d’un mouvement horizontal brutal, suffisamment fort pour réveiller les enfants et faire sortir les familles dans la rue. À La Rochelle et Rochefort, situées à plusieurs dizaines de kilomètres, la secousse a également été perçue, preuve de sa puissance inhabituelle pour la région.
Si aucun blessé n’a été déploré, les dégâts matériels ont été nombreux. Les bâtiments anciens, typiques de l’architecture oléronaise, ont particulièrement souffert : fissures profondes, tuiles arrachées, murs fragilisés. Les services municipaux et les pompiers ont passé une partie de la nuit à sécuriser les zones les plus touchées et à rassurer une population encore sous le choc.
Ce séisme n’est pas un événement isolé dans l’histoire d’Oléron. Il s’inscrit dans une série de secousses qui ont marqué la région entre 1958 et 1973, période durant laquelle plusieurs tremblements de terre de magnitude comparable ont été enregistrés. Celui de 1972 reste toutefois le plus emblématique, tant par son intensité que par son impact sur la mémoire collective.
Aujourd’hui encore, cet épisode sert de référence aux scientifiques et aux collectivités pour mieux comprendre la sismicité du littoral atlantique. Il rappelle aussi l’importance de la prévention et de la vigilance, même dans des zones où les séismes restent rares. Cinquante ans plus tard, la nuit du 7 septembre 1972 demeure un repère, un souvenir partagé, et un rappel discret que la terre peut parfois se rappeler à nous.
Voici l'enregistrement de cette secousse enregistré par la station de Moulis (Ariège) :

Voici le témoignage du gardien auxiliaire de l'époque, M. Raymond THIBAUDEAU :
"Au tremblement de terre de 1972, je dormais au phare. Il y a eu du plâtre qui est tombé sur ma fille pendant qu’elle dormait. L’optique s’est bloquée, il y a eu du mercure partout. L’optique était penchée vers Antioche. J’ai fait appel à la Pallice. J’avais été au Sémaphore pour dire que le phare était fixe, il éclairait, mais ne tourné plus, comme ça, ils le signalaient aux navigateurs."
voir avec Eric pour participation et données ? (archives et temps réel)
- achat d'un Raspberry shake ? accéléromètre dans lanterne pour matérialisation ondulation ? :